Je vous disais hier qu’il nous manquait, si l’on comparait nos trouvailles au contenu du site Exhibit 24, une pièce à conviction : celle concernant « Danny Jane » (une lettre potentiellement traîtresse écrite par un membre du Gouvernement, est-il indiqué sur le site)

C’était sans compter sans la promptitude de toute l’équipe qui gère tout ça. Et donc hier, un peu comme si Neil Czerno himself avait découvert Exhibit 24 et qu’il s’était rendu compte qu’il nous manquait quelque chose, les Résistants américains (et quand je parle de Résistants, je parle des personnes à qui on a donné le kit AIR dans sa version deluxe, c’est-à-dire avec le téléphone) ont reçu un appel.

[audio:http://www.lifeinprogress.fr/yearzero/hourofarrival-vm.mp3]

Traduction : « Écoutez, nous pensons que ces téléphones ont été compromis, nous devons couper le contact quelques temps mais ça va, vous n’avez plus besoin de nous, il ne tient qu’à vous et vos amis de faire passer le message, vous avez une voix, utilisez-la, c’est votre moment, c’est votre heure, l’heure d’arrivée, souvenez-vous en. N’abandonnez pas, ne cédez pas, vous êtes la Résistance maintenant ».

Outre la nouvelle désastreuse (Quoi ? Comment ? Les Résistants américains vont devoir se débrouiller seuls ? Les pauvres…), quelque chose a interpellé les membres : l’accent a lourdement été mis sur le terme « l’heure d’arrivée » (the hour of arrival, ine inegliche). Et… (allez, je n’aurais plus trop l’occasion de le dire, donc je me lâche une dernière fois) BINGOOOO !!!

hourofarrival.net

Et comme ce site est le dernier (si l’on considère que la liste d’Exhibit 24 est exhaustive), c’est un plaisir de vous le traduire en intégralité :

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10 février 0000

Cher Danny (ou chère Jane),

Le flux de news que je lis sur cet ordinateur reporte une vision de la Présence sur Minneapolis.

Je viens d’avoir ta tante Chrissy au téléphone. Elle est à l’hôpital avec ta mère. Elle dit que tu n’es pas pressé(e) de venir au monde.

Je ne t’en blâme pas.

Le problème, mon enfant, c’est que je commence à croire que nous ne sommes pas faits pour nous rencontrer.

Voilà ta mère le jour de notre mariage. N’était-elle pas magnifique ?

Donc Jane (ou Danny, s’il s’avère que tu es un garçon), il est un peu plus de trois heures du matin pour toi à Denver. 5 heures du matin, ici à Washington.

Bientôt l’aube.

Danny Jane, le monde dans lequel tu vas naître n’est pas des plus sûrs. C’est ma faute. Je n’invente rien – je travaille pour le Gouvernement et mon boulot, c’est de te sauver. Enfin, je devrais sauver plein de gens, je suppose, mais ce soir, tu es la seule personne qui m’importe.

Voici mon frère, Paul. Il aurait été ton oncle. Mais des mauvaises personnes ont fait sauter Los Angeles, la ville des palmiers et de Disneyland, et Paul a rejoint l’Armée. Son hélicoptère a été abattu au dessus du Yemen il y a quelques années.

Cela fait treize ans que j’essaie d’arranger les choses et pourtant, ça continue à empirer.

Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai honte.

Voilà une photo de ta tante Chrissy avec un de ses nombreux trous du cul de petit ami, le genre qui parle tout le temps de faire du monde un endroit meilleur mais qui ne cherche jamais de travail. La dernière fois où je suis allé chez Chrissy, ce mec a jeté de la bière sur moi. Je me foutais de la bière, mais le voir allongé sur le canapé toute la journée mis à part pour ses « répétitions de groupe » me mettait tellement hors de moi que j’ai rencardé le FBI sur son groupe.

Le petit ami a disparu quelques mois plus tard. Évidemment Chrissy m’a détesté. Était-il plus facile pour elle de croire qu’il l’avait quittée pour une autre bonnasse qui ne lui prendrait pas la tête avec le loyer ou de croire qu’il était un héros de la Résistance, déporté à Guam par mes larbins fascistes ?

J’étais supposé être aux côtés de ta mère pour assister à ta naissance. Mais tu sais, le travail…

Je suis certain que ça ne la surprend pas. Je pense qu’elle a compris depuis longtemps que « travailler » était synonyme de « ne pas respecter ses promesses ».

Quand j’étais enfant, mon père m’a appris à capturer un criquet avec les mains. Il me laissait le tenir pendant quelques secondes, juste assez pour le sentir bouger et se débattre contre mes paumes. Il y a trois mois, tu faisais la même chose. Il y avait plus de place et tu bougeais sans cesse, tu te retournais – tu étais si actif ! -, ta mère me prenait la main, la posait sur son ventre et disait « Tu vois ? ». Et je pouvais te sentir bouger, tu donnais des coups contre ma main.

J’avais préparé cette blague pour aujourd’hui. Après ta naissance, les infirmières verraient à quel point tu es actif, alerte, et elle dirait quelque chose comme « Regardez cet enfant qui inspecte la pièce ! » et j’allais dire « Ce bébé n’est pas né d’hier, vous savez ».

*
D’autres visions de la Présence : Honolulu. Amritsar. Hokkaido. Helsinki.
*

J’étais supposé être là avec toi, mais le Président m’a rappelé à Washington pour parler de la Présence.

Qu’est-ce que la Présence ? (on aimerait bien le savoir aussi, NdR)

Eh bien, la Présence est la première chose que tu verras, Danny Jane. Tu seras tiré de ton lit douillet, et tu seras battu, puis écrasé, puis jeté dans le froid, dans les Ténèbres extérieures décrites dans la Bible. Et ta mère pleurera de la douleur de t’avoir porté et une main géante descendra du ciel (avec des jouets par milliers, NdR) pour te séparer d’elle.

Mais contrairement à nous, ça n’a jamais été ta faute.
*

La Présence a été vue à Riyadh dans l’heure, et Rouen. La Crète, Saigon, le lac Lesser Slave à Alberta. Deux fois en Jamaïque en l’espace de quelques minutes. Sau Paulo. Reykjavik. La banlieue d’Aukland.

Et ça commence à ressembler fortement à la fin.

Voici ce sur quoi travaillait Papa jusqu’à il y a 45 minutes.

J’ai reçu ça, je l’ai regardé et j’ai laissé mon ordinateur. J’ai pris une petite bouteille de scotch dans le minibar de ma chambre d’hôtel, j’ai regardé Washington par la fenêtre et j’ai pensé à toi et ta mère, si loin.
*

La foutue Présence. C’est quoi ce putain de truc, Doug ? Un genre de… je ne sais pas… de phénomène météorologique ?

Météorologique ? Non, M. le Président, nous ne croyons pas cela.

Une arme ?

Non, M. le Président, pas pour autant que nous sachions. Certainement pas l’une des nôtres.

Une arme russe ? Syrienne ? Chinoise ?

Eh bien, M. le Président, nous ne pouvons en être certains, mais…

Vos gars ont déjà merdé avant, Doug.

Oui Monsieur, je le sais, mais…

On va devoir leur essuyer le cul avec la main gauche, ces temps-ci, comme les Arabes, parce qu’ils n’arrivent pas à trouver du putain de papier toilette, Doug.

Oui, c’est comme ça, Danny Jane. Le Président des États-Unis m’appelle par mon prénom ! Tu vois à quel point ton père est important.
*

L’intelligence militaire a reporté la Présence en Afrique du Nord tous les jours depuis les six derniers jours. Il arrive aux milices syriennes de lui tirer dessus, pensant que ça doit être une arme à nous.

Ils réaliseront, bien assez tôt, que ça n’est pas la guerre : c’est la fin de toutes les guerres. Peut-être notre fin, d’une manière ou d’une autre.

Je n’ai pas dormi depuis trois jours. Chaque fois que je ferme les yeux, je vois une main géante descendre du ciel et les choses semblent terriblement précieuses.

Voici la maison dans laquelle j’ai grandi. Ça n’a rien de spécial, mais je voulais que tu la voies.

Quand la Présence est apparue pour la première fois, nous ne savions pas quoi faire. Nous avons augmenté la dose de Parépine dans l’eau près de chaque endroit où la Présence avait été vue, pour éviter une panique monstre, tu comprends ? On pensait que c’était peut-être une arme, ou la météo ou une putain de blague subversive… ces petites têtes de cons qui glandent dans la rue, donne-leur une bombe de peinture, ils se prennent pour Zorro, alors que moi, je passe mes journées à envoyer des agents pour qu’ils n’aient pas à prier vers la Mecque 5 fois par jour.
*

Flashback : hier. Je prends le train pour aller au travail, une fille sur ses vingt-cinq ans, peut-être. Lunettes carrées, veste en jean et un t-shirt noir, pas de bas mais un tatouage de scorpion sur le mollet. Pleine de vie. Quand le train s’est arrêté à son arrêt, les portes se sont ouvertes, elle se retourne et me regarde par dessus son épaule, elle me sourit, je lui souris et elle me fait un doigt d’honneur.

Va te faire foutre, vieil homme.

Va te faitre foutre, enfoiré de Washington. Va te faire foutre parce que tu aimes mon apparence mais tu portes un pantalon et une ceinture. Va te faire foutre parce qu’il y a un logo sur ta malette, tu es Eux, tu es l’Ennemi.

Et tu ne peux pas dire que tout ce que tu as fait, tu l’as fait pour me protéger. Mais si elle montait dans un train en Syrie habillée comme ça, ils lui auraient coupé les deux mains.

Aucun des amis de ta tante Chrissy ne voulaient entendre ça. Ils sont emplis d’une vertu libérale qui sous-tend qu’il est préférable de laisser les étrangers pourrir en enfer plutôt que de lever le petit doigt pour les sauver et être considéré comme une brute.

Chrissy aime penser que toutes les guerres concernent le pétrole. Pour elle, le monde est plus simple comme ça parce que si ça ne dépendait que de magnats véreux il n’y aurait pas de choix difficiles et elle n’aurait pas à être une méchante.

J’ai eu ma maîtrise en économie politique à Yale. Elle a eu sa licence en Arts Plastiques dans une université de la ville. Je passe de 12 à 14 heures à me partager entre des débriéfings du Département d’État, des analyses écrites de la CIA, de la vidéosurveillance brute et montée, des rapports d’agents et des données satellite. Elle lit quelques blogs libéraux et, à chaque fois qu’on se voit, elle me fait la leçon sur l’état du monde. Suis-je *conscient* du *coût* de la campagne syrienne ?

Je continue d’attendre qu’elle prenne conscience de son arrogance colossale mais ça n’arrive jamais. Dans le monde de Chrissy, les faits importent peu et les choix difficiles n’existent pas. Les politiques sont comme des groupes de rock : le mien est cool, le tien est nul, et si la populace l’aime, c’est qu’il pue du cul.

Voici ton grand-père avant son attaque. On ne s’entendait pas sur une chose. J’aurais aimé que tu le rencontres, avant la chaise roulante et les tubes pour le nourrir. Avant qu’il ne devienne qu’une corvée hideuse dans un hospice.

Mon papa était doux et gentil et il laissait les gens lui marcher dessus. Je détestais ça.

Mais maintenant je regrette de ne pas avoir été plus gentil quand j’en avais la possibilité.

Voici ta grand-mère. Parfois, elle me regarde et je peux voir qu’elle cherche sur mon image des réminiscences du garçon qu’elle a connu. Et j’ai honte.
*

Boise. Instanbul. Cape Town. Macao. Buenos Aires. Munster. Brisbane. Des rapports isolés de la Présence proviennent des stations des Rangers de Californie, là-haut dans les Sierras.

Donc nous étions dans un endroit appelé la Cellule de Crise, le Président et toutes les têtes pensantes du Consortium. Tout le monde essayait d’inventer une excuse. « Rejetez la faute sur les Arabes », « Rejetez la faute sur les Indiens », « Rejetez la faute sur les dissidents » et je me contentais de les écouter parler, c’était comme regarder des chiens aboyer, Danny Jane. Des corbeaux croasser.

Le temps des reproches est terminé. Le temps des Arabes, des dissidents, des mineurs, des grévistes, des soldats, du business, de tout… excepté le pardon.

Nous avons essayé de faire du monde un endroit plus sûr, pour toi, Danny Jane, mais nous avons essayé tout ce qu’il ne fallait pas et rien n’a marché. Le ciel est plein de terreur et le monde court à sa perte. Nous avons essayé mais nous avons échoué, mais nous ne voulions pas que ça se termine ainsi, je te le jure. Je te le jure.

Tu ne peux pas faire une belle boule de neige avec des mitaines. La règle des 3S te facilitera beaucoup l’examen de maths, si ta mère n’oublie pas de te l’apprendre. Ne réponds jamais à des chain letters mais fais toujours un vœu quand tu souffles les bougies de ton gâteau d’anniversaire.

Dis à ta tante Chrissy que je l’aime malgré tout ce qu’on a pu se dire. Dis à ta mère… Dis à ta mère que j’ai eu tort de ne pas vouloir de chat. Et toutes les fois où je lui ai dit que je me fichais complètement de ses premiers cheveux gris ? Je ne mentais pas.

Dis-lui que j’aurais dû rire plus à ses blagues.

C’est si stupide, Danny Jane. C’est quand on a peur que nos cœurs s’assèchent. N’aie pas peur. Que Dieu me laisse rentrer à la maison demain et je jure de quitter mon stupide boulot au Gouvernement et de ne rien faire d’autre que te remplir de courage. Pour toi, je chasserai toutes les araignées de la maison, je t’achèterai des rollers et je t’apprendrai à attraper des criquets à mains nues.
*
Bangkok, Antwerp, Plano, Heidelberg, Beirut et Tel Aviv, St. Petersburg, Lhasa, Bangalore, Seoul, Portland, Plymouth — de plus en plus vite, les villes arrivent par milliers… La grande main joue tel un éclair sur la face du monde.
*
Bon anniversaire, Danny Jane.

Quand ils t’accueillent dans ce monde en hurlant, tu cries et tu cries encore plus. Aime aussi fort que tu peux aussi longtemps que tu peux. Quand cette grande main viendra te chercher, plus rien d’autre n’aura d’importance.

À la fin – et c’est ce que j’ai appris, j’ignore pourquoi ça a pris autant de temps -, à la fin, tout disparaît. À la fin, tout ce que tu estimais avoir de l’importance brûle et tout ce qu’il te reste, ce sont l’amour et les cendres.

ELLE EST LÀ

Mon Dieu, DJ, elle est au dessus du Capitol. Oh mon Dieu, oh mon Dieu, je suis tellement navré.

C’est le début.

Les étoiles s’éteignent comme des bougies, danny jane

fais un vœu fais un vœu fais un vœu fais un vœu fais un

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Bordel de merde… le jeu touche à sa fin et on ne sait toujours pas ce qu’est la Présence… J’attends vos avis dans les commentaires 😉

Voilà. Ma « dernière » traduction dans le cadre de l’ARG de Year Zero, Part 1. Enfin non, pas dernière, vu qu’il me reste à vous parler d’Exterminal et d’Act Patriotic (quand il sera à nouveau opérationnel).

Mais soyez rassurés, quand l’ARG du successeur de Year Zero commencera, vous pourrez retrouver tous les détails croustillants sur ce blog.

En attendant, je vous invite à revenir ici régulièrement, il me reste quelques mises-à-jour à faire (la liste des livres subversifs, pour ne citer qu’elle…). Et puis bon, on a passé tellement de temps ensemble ces derniers mois, vous n’avez quand même pas l’intention de me laisser tomber comme une vieille chaussette, si ?

Pour terminer sur une note joyeuse, je reprendrai les mots de Neil Czerno et de son équipe : il ne tient qu’à vous et à vos amis de faire passer le message. Vous avez une voix, utilisez-la. Vous êtes la Résistance maintenant.

Et puis bon, ça n’est pas parce que le forum AIR.FR a été étouffé dans l’œuf que tout est terminé pour la Résistance française. Wait and see 😉

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